Le célibat des prêtres – l’argument féministe chrétien

Après nous avoir longuement expliqué que nous, chrétiens, n’avions pas à nous prononcer sur les évolutions du mariage civil que proposait la loi Taubira, voici que la presse propose des sondages sur le mariage des prêtres.

Pour ce qui est du mariage des prêtres, mon point de vue est un peu particulier : je suis fils de pasteur, et j’ai eu une enfance très heureuse. Donc je comprends comment le mariage des prêtre pourrait enrichir l’Eglise. Et en même temps – et c’est mes parents qui me l’ont inculqué – dans le cas de quelqu’un qui sert Dieu, se pose la question de la priorité. Le risque qu’encourt un prêtre marié, est de délaisser sa femme et ses obligations familiales pour Dieu, pour le travail pour Dieu. Mes parents m’enseignaient, et vivaient cet ordre des priorités ci : 1/ Dieu 2/ le couple et la famille 3/ Le travail pour Dieu. Mais c’est un équilibre précaire, qui mérite une vigilance de chaque instant. Donc je comprends la règle du célibat comme étant au bénéfice des (potentielles) épouses de prêtres. Et puis ensuite, pour prendre le cas du prêtre célibataire : il a donné ce qu’il avait de plus précieux à Dieu, et du coup c’est une façon d’annoncer que Dieu nous comble entièrement.

Mes parents m’enseignaient, et vivaient cet ordre des priorités ci : 1/ Dieu 2/ le couple et la famille 3/ Le travail pour Dieu.

Quand je parle de priorités, il est bien sur question de temps passé et non d’amour – pour moi (et je crois, pour l’Eglise) mon amour pour ma femme me rapproche de Dieu, et mon amour pour Dieu me rapproche de ma femme, j’ai plus d’amour en le donnant, pas moins. L’Eglise enseigne même que le mariage est un sacrement, c’est à dire, que dans le mariage Dieu s’engage avec nous. A l’inverse, je vois dans mon entourage des enfants dont les parents se donnent pour Dieu (en s’engageant dans des activités caritatives, par exemple) , et qui ont parfois l’impression d’être délaissés, et ce n’est peut être pas juste d’exposer les prêtres à devoir choisir entre leur devoir de prêtre et celui de mari, ni qu’un prêtre puisse être un père absent. Par ailleurs, je crois savoir (= je sais pertinemment) que non seulement les prêtres peuvent avoir de très longues journées, mais en plus ils peuvent devoir se rendre disponible à tout moment, et autant ma femme peut comprendre que je passe du temps au travail (même si elle préfère que j’en passe pas trop), autant une fois que je suis rentré elle attend de moi que je sois disponible et présent pour elle. C’est pour ces raisons que je trouve que le célibat des prêtres peut être une bonne chose (sans reparler du signe ostensible que ce célibat représente), même si ce n’est pas une règle universelle puisque certaines églises catholiques comportent des prêtres mariés.

Le célibat des prêtres est de l’ordre de la discipline et non de la doctrine, donc il n’est pas impossible que l’Eglise y revienne un jour (je dis revenir parce que Pierre avait une belle mère et que Paul dit que les évêques doivent être “le mari d’une seule femme”) mais ce n’est pas le choix que l’Eglise fait actuellement, parce que le célibat pour Dieu est une annonce visible que Dieu peut nous rendre pleinement heureux.

 

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